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Édité et examiné cliniquement par THE BALANCE Équipe
Fait vérifié

La maladie mentale peut être définie comme la somme de dérèglements s’opérant au niveau des pensées, des émotions et/ou du comportement reflétant un trouble biologique, psychologique ou développemental des fonctions mentales.   Une maladie mentale se traduit nécessairement par une détresse pour l’individu et/ou des difficultés dans les relations sociales ou au travail.

Plusieurs recherches ont indiqué que les maladies mentales sont causées par l’interaction entre des facteurs biologiques, génétiques, psychologiques et sociaux qui mènent à des perturbations dans le cerveau. Notons également que la vulnérabilité de chaque individu est différente mais la maladie mentale peut se déclarer chez n’importe qui si des facteurs de risque suffisants sont réunis.

Par ailleurs, la maladie mentale n’implique pas une réaction normale a un événement malheureux, une faiblesse morale ou un comportement déviant au niveau religieux, politique ou sexuel tel une radicalisation religieuse, un appui a un parti politique contestataire, ou des préférences sexuelles marginales.

Les maladies mentales se manifestent principalement par:

  • Des signes de changement chez l’individu, que l’entourage peut observer dans son comportement au quotidien
  • Des symptômes, que ressent l’individu lui-même.

L’intensité de ces signes et symptômes chez l’individu peuvent varier selon: 

  • Le type de maladie mentale
  • La personnalité de la personne atteinte
  • Les liens et les relations de la personne atteinte avec sa famille et son entourage
  • L’environnement social et économique (le milieu et mode de vie, les capacités financières, etc.)

Les signes de changement de comportement chez la personne atteinte peuvent se faire reconnaître à:

  • L’isolement social voire familial
  • Les addictions aux substances licites ou illicites, à l’alcool, etc.
  • L’arrêt et le refus de la médication
  • La désorganisation et la déconcentration, c’est-à-dire une difficulté majeure à s’organiser et à se concentrer normalement.
  • La perte de mémoire
  • Une difficulté à respecter ses obligations familiales, sociales et professionnelles.

Les symptômes courants que la personne atteinte peut ressentir sont principalement:

  • Des dérèglements alimentaires qui se traduisent par une perte d’appétit ou des nausées
  • Des insomnies
  • Des étourdissements
  • L’expansion des humeurs allant de la tristesse à l’euphorie
  • De la difficulté à se concentrer

Les causes exactes de chacune des maladies mentales demeurent inconnues. En général, elles résultent d’une combinaison de plusieurs facteurs interdépendant qui peuvent favoriser le développement d’une maladie mentale, par exemple:

  • L’hérédité, c’est-à-dire le fait que d’autres personnes de la famille sont ou ont été atteintes de maladies mentales.
  • Les facteurs biologiques, qui bouleversent l’équilibre chimique du cerveau (état de stress prolongé, consommation de substances, etc.)
  • La personnalité de la personne atteinte, par exemple une personne avec une faible estime de soi a des difficultés à s’adapter aux différentes situations de la vie
  • Les maladies chroniques, par exemple le cancer, les maladies touchant la glande thyroïde, les maladies cardiovasculaires ou respiratoires
  • La présence de facteurs de stress dans la vie de la personne, qui peuvent être liés à son environnement familial, social, professionnel ou financier

Certaines personnes sont plus susceptibles d’être touchées par ce genre de maladie mentale que d’autres, notamment: 

  • Les enfants et les adolescents avec des expériences familiales difficiles ou qui sont ou ont ou été victimes d’harcèlement scolaire
  • Les personnes qui assument seules toute la charge familiale
  • Les personnes qui ont subi une agression sexuelle ou de la violence conjugale
  • Les adultes au chômage ou qui perdent leur emploi du jour au lendemain
  • Les personnes à faible revenu
  • Les personnes âgées qui vivent seules ou, au contraire, en perte d’autonomie.

Les maladies mentales engendrent des changements secondaires et des problèmes sur les plans comportemental, affectif ou physique. Citons ente autres:

  • Dérèglement du sommeil, la difficulté à dormir ou, au contraire, un sommeil excessif
  • Perte d’appétit ou, au contraire, un appétit très développé et survient de façon incontrôlée
  • Le manque anormale et récurrent d’énergie
  • L’enfant se plaint de maux de tête, de maux de ventre ou de nausées 
  • Changement constant d’humeur ou l’apparition des colères qui peuvent être jugé excessives
  • Des signes d’inquiétudes régulières et non justifiées
  • Une chute des résultats scolaires
  • De la difficulté à se concentrer et à s’organiser
  • Isolement social ou familial
  • Une perte d’intérêt pour des activités qu’il aimait
  • Comportements violents envers les autres ou masochiste en essayant de se blesser volontairement. 
  • Comportement obsessionnel par rapport à son poids ou, au contraire, une négligence de l’apparence.

D’après l’Institut du Cerveau (ICM), en France, les troubles psychiatriques touchent plus d’1 adulte sur 4. Les troubles les plus fréquemment rencontrés dans la population sont la dépression, les troubles bipolaires, la schizophrénie, les troubles anxieux et les addictions.

La dépression

La dépression est un trouble mental courant et l’une des principales causes de handicap dans le monde. À l’échelle planétaire, près de 264 millions de personnes de tous âges en souffrent. Les femmes sont plus touchées que les hommes à cet égard.

En France, la dépression est le trouble psychiatrique le plus fréquent puisqu’environ 5 à 15% de la population française fera un épisode dépressif au cours de sa vie. 

La dépression se caractérise par la tristesse, la perte d’intérêt ou de plaisir, des sentiments de culpabilité ou de faible estime de soi, des troubles du sommeil ou de l’appétit, d’une sensation de fatigue et d’un manque de concentration. Les personnes touchées peuvent aussi éprouver de multiples douleurs physiques sans cause apparente. Elle peut être durable ou récurrente, entraver sensiblement l’aptitude à travailler ou étudier et à faire face à la vie quotidienne. Au stade le plus grave, la dépression peut conduire au suicide.

Les programmes de prévention ont prouvé qu’ils étaient à même d’amoindrir l’état dépressif des enfants (par exemple moyennant un soutien psychologique et/ou une protection suite à des violences physiques ou à des abus sexuels) et des adultes (moyennant une assistance psychosociale après une catastrophe provoquant un traumatisme).

Il existe également des traitements qui ont prouvé leur efficacité. Une dépression d’intensité légère à modérée peut être valablement traitée à l’aide de thérapies basées sur la parole, comme la thérapie comportementale et cognitive ou la psychothérapie. Les antidépresseurs peuvent être appropriés pour traiter une dépression d’intensité modérée à sévère, mais ne s’imposent pas comme le traitement de première intention pour les cas de dépression légère.

Troubles bipolaires

Touchant plus de 3% des français, le trouble bipolaire est une pathologie chronique débutant chez l’adulte jeune et dont le handicap est très important. Il s’agit d’un trouble récurrent de l’humeur alternant des phases d’expansion de l’humeur avec une augmentation de l’énergie et des activités (manie ou hypomanie), et des baisses de l’humeur (dépression), avec des intervalles libres plus ou moins longs. C’est également l’une des maladies psychiatriques les plus sévére, conduisant le plus fréquemment aux tentatives de suicides.

Dans le DSM 5, qui est la dernière édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, et des troubles psychiatriques de l’Association Américaine de Psychiatrie, on distingue 2 types de trouble bipolaire :

o Trouble bipolaire de type 1 caractérisé par au moins un épisode de manie (tels qu’une estime de soi exagérée ou idées de grandeur, besoin de sommeil diminué, conduites sexuelles inconséquentes, etc.).

o Trouble bipolaire de type 2 caractérisé par au moins un épisode de dépression et au moins un épisode d’hypomanie.

Des recherches ont montré que les personnes n’ayant pas de troubles maniaques mais connaissant des épisodes dépressifs sont aussi classées dans la catégorie des patients atteints de trouble bipolaire.

Aujourd’hui, nous disposons de traitements efficaces pour juguler la phase aiguë du trouble bipolaire et prévenir les rechutes. Ce sont des produits qui stabilisent l’humeur. Le soutien psychosocial est un volet décisif du traitement.

Schizophrénie

La schizophrénie est un trouble mental grave, qui touche environ 20 millions de personnes dans le monde avec environ 600 000 personnes atteintes en France. Elle débute généralement chez l’adolescent ou le jeune adulte avec un âge de déclenchement des premiers symptômes autour entre 15 et 25 ans.

Les psychoses, dont la schizophrénie, se caractérisent par une distorsion de la pensée, des perceptions, des émotions, du langage, du sentiment de soi et du comportement.

Plus précisément, les critères de la schizophrénie sont les suivants, sachant que 2 ou plus de ces symptômes se sont manifestés pendant une période d’un mois : des idées délirantes, des hallucinations, un discours désorganisé, incohérence, un comportement excessivement désorganisé ou catatonique et/ou des symptômes négatifs (expression émotionnelle diminuée).

Malheureusement, la stigmatisation et la discrimination par rapport à cette maladie peuvent causer un manque d’accès aux services de santé et aux services sociaux. En outre, d’après l’OMS les personnes atteintes de psychose sont très exposées aux violations des droits de l’homme, comme l’internement à long terme dans un établissement psychiatrique.

Troubles anxieux 

D’après la liste de classification médicale établie par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la CIM 10, regroupent les troubles anxieux en six entités cliniques et les définies comme suit : 

  1. Trouble anxieux généralisé : Anxiété généralisée et persistante qui ne survient pas exclusivement ni même de façon préférentielle dans une situation déterminée
  2. Trouble panique : Attaques récurrentes d’anxiété sévère (attaques de panique), ne survenant pas exclusivement dans une situation particulière ou dans des circonstances déterminées, et dont la survenue est, de ce fait, imprévisible.
  3. Trouble anxiété sociale : Crainte d’être dévisagé par d’autres personnes, entraînant un évitement des situations d’interaction sociale. Elle peut s’accompagner d’une perte de l’estime de soi et d’une peur d’être critiqué.
  4. Phobie simple ou spécifique : Phobies limitées à des situations très spécifiques comme la proximité de certains animaux, les endroits élevés, les orages, l’obscurité, les voyages en avion, les espaces clos, l’utilisation des toilettes publiques, la prise de certains aliments, les soins dentaires, le sang ou les blessures. Bien que limitée, la situation phobogène peut déclencher, quand le sujet y est exposé, un état de panique, comme dans l’agoraphobie ou la phobie sociale.
  5. Trouble obsessionnel compulsif : Trouble caractérisé essentiellement par des idées obsédantes ou des comportements compulsifs récurrents. Les pensées obsédantes sont des idées, des représentations ou des impulsions faisant intrusion dans la conscience du sujet de façon répétitive et stéréotypée. Les comportements et les rituels compulsifs sont des activités stéréotypées répétitives.
  6. État de stress post-traumatique : Ce trouble constitue une réponse différée ou prolongée à une situation ou à un événement stressant exceptionnellement menaçant ou catastrophique qui provoquerait des changements de comportements s’accompagnant de symptômes évidents de détresse chez la plupart des individus.

Addictions

L’addiction peut être caractérisé par l’impossibilité répétée de contrôler un comportement et la poursuite de ce comportement malgré la connaissance de ses conséquences négatives. L’addiction peut être de nature psychoactives (alcool, tabac, substances illicites) mais également de nature comportementales (jeu, par exemple).

FAQs