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Édité et examiné cliniquement par THE BALANCE Équipe
Fait vérifié

Souvent sous-estimées, la phobie sociale évoque néanmoins des troubles non sans conséquences. D’après certaines études, près de 13 % de la population mondiale sont affectés par cette phobie lors d’une période plus ou moins longue de leur vie. Quelles sont ses causes, comment définir ses symptômes… Et surtout, comment traiter ces troubles ? Cet article vous apportera toutes les réponses nécessaires.

La phobie sociale (ou TAS pour « trouble anxiété sociale ») est un mal-être capable d’affecter considérablement le quotidien d’une personne concernée. En effet, cette phobie fait référence à une anxiété parfois profonde face à d’autres individus externes à un groupe social (famille, amis, collègues de travail). Plusieurs cas pourront alors être évoqués :

  • Les malaises en public, où la simple idée d’être entouré d’inconnus dans n’importe quel contexte devient difficilement supportable
  • La peur irrationnelle de manger en public
  • Un sentiment de gêne profond lors d’un désaccord face à une autre personne
  • L’incapacité à s’exprimer en public
  • Un sentiment de malaise dans un contexte professionnel (notamment lors d’un entretien d’embauche, par exemple)

La vie en communauté et certains contextes professionnels imposent inévitablement une sociabilité quotidienne. La phobie sociale se définit donc comme un mal-être profond, complexe et destructeur à de nombreux égards. À ce propos, quelles peuvent être les causes de ces troubles ?

Les traumas liés à l’enfance ou l’adolescence

Les causes associées à la phobie sociale peuvent être multiples. Cependant, une mauvaise expérience est très souvent l’origine de ces maux. Qui plus est, cette cause sera généralement vérifiée lors des 20 premières années d’un individu. En effet, un simple « mauvais souvenir » qui date de la maternelle, de l’école, du collège ou du lycée peut parfois engendrer de lourdes conséquences pendant toute une vie (du moins, sans traiter comme il se doit cette phobie).

Les expériences sociales

D’autres causes feront référence à des événements moins personnels. L’humiliation d’un individu face à un groupe de personnes malintentionnées est un cas régulièrement recensé dans le cadre d’une phobie sociale.

La toxicomanie et la phobie sociale

Une autre cause souvent négligée concerne la toxicomanie. Effectivement, de nombreuses études affirment que la consommation de produits capables de désinhiber est généralement considérée comme une échappatoire face à une phobie sociale prononcée. C’est pourquoi l’alcoolémie et d’autres dépendances sont souvent liées à cette phobie.

Bref, les causes associées à la phobie sociale sont variées et sont parfois basées sur un jugement ou des idées reçues infondés.

La génétique

Enfin, la génétique est bien évidemment une cause possible. Certaines familles sont effectivement plus sensibles à l’anxiété. De même, l’éducation peut jouer un rôle majeur en ce qui concerne les difficultés liées à la socialisation. L’ouverture vers les autres est essentielle dès le plus jeune âge pour développer une certaine aisance en société. Une approche contraire favorisera donc un repli pouvant donner lieu à une phobie sociale.

La timidité, une autre cause complexe

Si la génétique et l’éducation sont effectivement des causes courantes en ce qui concerne la phobie sociale, la timidité est un autre facteur directement lié au comportement d’un individu. Cette situation sera particulièrement complexe à traiter. Toutefois, quel que soit le profil, des solutions sont possibles pour observer des améliorations rapides et concrètes. Celles-ci vous seront présentées plus loin dans cet article.

Mesurer votre anxiété grâce à la science

Les psychologues disposent d’outils capables de mesurer le niveau d’anxiété d’une personne, et donc de définir l’intensité d’une phobie sociale :

  • L’échelle de Liebowitz. Celle-ci mesure principalement l’anxiété en société selon des valeurs établies exprimées en pourcentages.
  • Le questionnaire des conduites interpersonnelles, évalué selon 2 échelles de 5 points.
  • L’échelle d’affirmation de soi (créée par Spencer Rathus, un psychologue américain).

Si le terme de phobie sociale est relativement bien connu, ses symptômes restent souvent incompris. À ce propos, certaines personnes estiment ne pas être concernées par cette phobie, et ce, malgré des symptômes concrets et évidents. Voyons tout de suite certaines situations qui pourront confirmer ou non un diagnostic rapide.

Les réactions physiques situées à la gorge et au torse

Une personne affectée par la phobie sociale ressentira souvent des réactions désagréables au niveau de sa gorge et de son torse. En effet, la sensation d’avoir « la gorge sèche » est un phénomène qui n’est pas propre au mal-être en public, mais elle méritera votre attention si celle-ci devient fréquente. De même, la sensation d’avoir « un poids sur la poitrine » ne peut être négligée et confirmera aisément cette phobie. Bien entendu, si ce ressenti est douloureux, n’hésitez pas à consulter rapidement un médecin pour écarter certaines maladies pulmonaires ou cardiaques.

Une sudation inhabituelle

Cela semblera logique pour de nombreux internautes, une transpiration importante lors de situations inhabituelles pourra parfois mettre en évidence une phobie sociale. Bien entendu, une sudation excessive peut être également provoquée par d’autres facteurs (notamment après une consommation importante de boissons ou tout simplement lorsque le thermomètre affiche des mesures estivales).

D’autres symptômes largement recensés

Outre les symptômes précédemment cités, d’autres situations pourront être évoquées en ce qui concerne la phobie sociale. Citons le bégaiement, des tremblements ou encore des maux de tête. Bien entendu, chaque individu est unique. C’est pourquoi les symptômes d’une personne seront parfois différents d’une autre.

Il est essentiel de différencier distinctement l’anxiété dite « normale » face à l’anxiété sociale.

Brièvement, l’anxiété normale évoque un sentiment de gêne provoqué par certaines situations inhabituelles. Un apprenti chanteur face à son public ou le discours d’un témoin lors d’un mariage sont ici de parfaits exemples. La principale différence entre cette anxiété et celle d’une phobie sociale fera référence à l’intensité des troubles ressentis.  

Si la phobie sociale est un véritable poison au quotidien pour construire des relations familiales, sentimentales et amicales, ces troubles sont également destructeurs en ce qui concerne les activités professionnelles. Une phobie plus ou moins intense pourra alors freiner considérablement le développement d’une carrière. Autrement dit, l’anxiété sociale ne peut être négligée dans la majorité des domaines.

Les thérapies cognitives et comportementales seront des alliés redoutables

Les thérapies cognitives et comportementales (TTC) sont particulièrement adaptées pour traiter efficacement la phobie sociale. Brièvement, ces thérapies vous permettent d’apprendre sur vous-même en vous confrontant à vos peurs. Bien entendu, cette situation de stress est amenée progressivement et en toute confiance. L’objectif de votre thérapeute sera donc de vous accompagner à chaque étape de votre thérapie.

L’efficacité indiscutable de l’hypnothérapie

L’hypnothérapie jouit d’une popularité croissante depuis plusieurs années… Et les bienfaits prodigués suite à quelques séances d’hypnose apportent une réelle légitimité à cette tendance. Si l’hypnothérapie est généralement conseillée pour arrêter de fumer, cette méthode ne se limite absolument pas à cet objectif. Vous l’aurez deviné, la phobie sociale (ou toute autre phobie) peut être traitée efficacement grâce à cette thérapie douce et agréable.

Il est utile de démystifier certaines idées reçues concernant l’hypnothérapie. Cette thérapie évoque effectivement une approche bien moins brutale que l’hypnose de spectacle et repose principalement sur un état de détente profond amené progressivement. Par ailleurs, l’état d’hypnose est un état de conscience modifié. Autrement dit, sous hypnose, vous ne dormez pas et personne ne peux vous inciter à « vous faire faire des choses que vous n’autoriseriez pas ».

Rejoindre un groupe de parole

Quelle que soit l’intensité de votre phobie sociale, n’oubliez jamais que vous n’êtes pas seul(e). Il peut être intéressant de traiter cette phobie en privilégiant le partage et la bienveillance d’autres personnes concernées par ces troubles. Si cette approche vous semble adaptée, n’hésitez pas à vous rapprocher de votre mairie pour sonder les associations de votre commune (ou de votre région). De nombreux groupes de paroles sont régulièrement tenus par des professionnels et communautés qui ne manqueront pas de vous aider.

En pratique, rejoindre un groupe de paroles permet effectivement de franchir un premier pas dans la parole grâce au soutien d’autres personnes affectées par cette phobie.

Le théâtre : une solution idéale ?

Certaines activités peuvent vous permettre de traiter efficacement une phobie sociale. Parmi celles-ci, le théâtre est évidemment un loisir idéal, puisqu’il permet d’assimiler le regard des autres sans avoir peur d’un sentiment de ridicule. En revanche, cette activité semblera particulièrement difficile lors des premiers cours. Les résultats seront néanmoins concrets et rapides.

Certains pourront penser que les solutions médicamenteuses peuvent limiter les conséquences d’une phobie sociale. Certes, la prise d’anxiolytiques agira sur le stress engendré par cette phobie. Cependant, les risques de dépendance associés à un traitement superficiel de vos maux confirmeront la non-pertinence de ces comprimés délivrés sur ordonnance.