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Édité et examiné cliniquement par THE BALANCE Équipe
Fait vérifié

Le premier obstacle que rencontre un alcoolique, au début du traitement, est de nier qu’il est dépendant et de perdre la motivation pour commencer à se débarrasser de sa dépendance.    Mener et gérer les étapes de traitement de l’alcoolisme pendant une longue période, paraît très difficile à réaliser par une personne alcoolique de manière indépendante.

Par conséquent, il est très important qu’un proche soit impliqué dans le traitement de l’alcoolique pendant une bonne période en prenant en considération les difficultés qui surviennent dans le chemin de la cure.

La dépendance à l’alcool est une condition dans laquelle les fonctions mentales et physiques du corps sont altérées de manière persistante ou chronique à la suite de l’ingestion répétée de grandes quantités d’alcool, entraînant une dépendance à cette substance.

Toute personne, jeune ou âgée, qui boit beaucoup pendant une longue période peut devenir dépendante de l’alcool. Il faut noter que l’alcoolisme est classé comme un trouble mental et comportemental dans la Classification internationale des maladies élaborée par l’OMS. Par conséquent l’alcoolisme est considéré comme une maladie mentale, et pas seulement comme une question de personnalité ou de volonté.

En continuant à boire de l’alcool, l’addiction à cette substance devient de plus en plus forte. Celle-ci se manifeste chez l’alcoolique par des comportements spécifiques et des symptômes associés à la dépendance psychologique et physique :

La dépendance psychologique se manifeste chez une personne alcoolique par :

  • Un fort désir de boire (un soif intense)
  • Un manque de contrôle sur sa consommation d’alcool
  • Une incapacité à gérer son argent, l’alcoolique dépense son capital dans ses consommations d’alcool
  • Une incapacité à gérer son temps, l’alcoolique passe la majeure partie de la journée à boire
  • Ignorer les divertissements non buveurs
  • Une incapacité à s’arrêter de boire même si les problèmes mentaux et physiques s’aggravent.

D’autre part, la dépendance physique comprend les symptômes de sevrage plus ou moins graves et se manifeste chez l’alcoolique par :

  • Troubles du sommeil, sueurs nocturnes, transpiration abondante et palpitations
  • Frustration et anxiété
  • Frissons et tremblements des membres et de tout le corps
  • Hallucinations, illusions et désorientation de la date et du lieu

Pour traiter l’alcoolisme, il est important pour l’alcoolique d’être conscient de sa situation infernale. L’idée n’est pas de la forcer à arrêter de boire mais de lui faire prendre conscience que son comportement est un problème pour son entourage et sa santé.

Cependant, il est très rare que cette personne prend conscience lui-même de son alcoolisme et commence alors un traitement. Dans la plupart des cas, ce sont les membres de la famille et les proches de l’alcoolique qui prennent connaissance de sa dépendance et c’est à eux qu’ils doivent aider leur proche à prendre conscience de son alcoolisme.

Dans ce genre de situation, le dialogue reste le principal moyen d’amener, petit à petit, la personne à remettre en question son comportement et sa consommation.

Il est primordial pour le proche de l’alcoolique de rassembler ses pensées et de réfléchir à ce qu’il va dire à l’avance.  Pour ne pas obtenir le refus de l’alcoolique, le ton du dialogue doit être calme et doit compter un message de soutien, un langage positif.       

Ce dialogue se fait en lui faisant part de son soutien total et en l’invitant, sans l’y contraindre, à réfléchir aux raisons qui l’amènent à boire de cette façon. Il ne faut oublier que le proche doit proposer son aide et son accompagnement dans le chemin de la guérison.

Evidement, il n’existe pas une unique manière pour aborder le sujet de  l’alcoolisme avec son proche. Étant donné que chaque situation et chaque personne sont différentes, le message doit être adapté à l’état spécifique de la personne alcoolique.

De plus, afin d’établir un dialogue réussi dans le proche alcoolique, Il est important de choisir le bon moment et le bon endroit pour parler du sujet de sa consommation d’alcool.

Dans tous les cas, il est préférable que le dialogue avec une personne alcoolique comporte les points suivants :

  • Discuter de cœur à cœur 

Une conversation qui se fait avec passion, amour et soutien favorise la réussite de l’accompagnement. Par ailleurs, il est préférable que l’alcoolique soit calme et  sobre.

  • Fournir des messages positifs dans la discussion

C’est très important pour un proche de montrer à l’alcoolique son intérêt envers lui, son soutien, son aptitude à lui aider à dépasser cette période difficile et d’exprimer son inquiétude au sujet de l’alcoolisme. Par ailleurs, c’est le meilleur moment pour écouter l’alcoolique et recevoir ses blocages et ses peines.

  • Éviter les reproches et les accusations

Se mettre en colère ou blâmer une personne alcoolique, peuvent le bouleverser, l’inquiéter et lui sentir coupable, même s’il ne le montre pas. Dans ce cas, Il peut se mettre sur la défensive, se déconnecter et arrêter d’écouter s’il sent qu’il est  attaqué.

Arrêter de boire de l’alcool est une décision très difficile à tenir. L’accompagnement par un proche peut aider une personne alcoolique à avoir le déclic et commencer le chemin de la guérison.

Plusieurs actions peuvent être réalisés par le proche pour encourager l’alcoolique à obtenir de l’aide, tels que :

  • La prise de conscience du problème chez l’alcoolique est à la base du soin.
  • Proposer de lui accompagner aux rendez-vous chez le médecin, aux réunions de groupe ou aux séances de conseil, où l’alcoolique se confronte à des exemples concrets d’anciens alcooliques, permet d’avoir le déclic d’une guérison.
  • Présenter des solutions et des ressources d’aide, avec un plan concret qui détaille les étapes de guérison et les changements qu’ils apporteront
  • Soutenir l’alcoolique de manière continue, avec patience et sans arrêt

Avant de pouvoir aider un alcoolique, il est d’abord nécessaire que le proche apprenne les connaissances correctes sur l’alcoolisme, ses symptômes, ainsi que les manières de battre ce fléau. Dans tous les cas, le proche peut obtenir de l’aide par des institutions médicales spécialisées, des associations, des groupes d’entraide…

Plusieurs mesures peuvent être prises pour aider une personne alcoolique à entamer un processus de traitement de l’alcoolisme. Il faut noter qu’il est très important d’approcher cette personne avec soin, compréhension et connaissance.

La meilleure option de traitement pour l’alcoolique dépend en grande partie de la profondeur de son problème d’alcoolisme, et surtout de sa prédisposition à commencer le traitement.

Aider un alcoolique qui veut s’en sortir 

  • La participation à un programme des soins dans un établissement médical spécialisé

L’alcoolisme peut entraîner de nombreuses complications et divers problèmes au cours du traitement. Ainsi, il est très difficile d’avoir une prise en charge mentale et physique pour les alcooliques eux-mêmes. Approcher cette personne avec des options concrètes pour rechercher un traitement peut l’aider sur la voie de la guérison.

C’est pour cela, il est nécessaire d’opter à un traitement professionnel dans un centre médical spécialisé. Les programmes de traitement de l’alcoolisme offrent une supervision médicale pour les symptômes de sevrage, des séances de thérapie pour aider les personnes alcooliques à développer des capacités d’adaptation saines et un solide réseau de soutien.

  • La participation à des groupes d’entraide

Poursuivre l’arrêt de l’alcool nécessite de rencontrer et d’accompagner des personnes qui vivent la même souffrance, pour apprendre des expériences des autres dans des situations similaires. Ainsi, rejoindre un groupe de soutien pour un alcoolique peut être une excellente option dans le chemin de la guérison.

Un groupe d’entraide est une association dirigée par des patients pour s’encourager mutuellement et continuer à s’abstenir de consommer de l’alcool. Au sein de ce groupe, les patients et leurs familles assistent régulièrement à des réunions pour partager leurs expériences et écouter les autres. Interagir avec ces pairs, fournit un soutien mental et une aide pour prolonger l’abstinence d’alcool.

Aider un alcoolique qui refuse de se soigner 

Cependant, vouloir aider un sujet alcoolique n’est pas toujours une tâche facile. Très souvent, le proche se heurte par un refus de soin.

C’est difficile lorsqu’une personne alcoolique refuse d’accepter de l’aide. Lorsque le déni se produit, il est possible qu’elle ne voie pas sa consommation d’alcool comme un problème.

Dans ce cas, aider la personne, consiste à lui faire comprendre les conséquences de ses actes, ainsi que les conséquences du refus d’aide. Néanmoins, il est important d’obtenir des raisons claires pour lesquelles l’alcoolique ne veut pas obtenir d’aide. Certaines raisons peuvent être le déni, le coût du traitement ou les traumatismes de sevrage.

Proposer de visiter un psychiatre peut être une solution pouvant changer d’avis de refus. Si l’alcoolique ne veut pas y aller, le proche peut envisager de faire savoir à la personne qu’il ne présente plus d’excuses et encore de limiter sa relation avec lui.

Les troubles dépressifs augmentent considérablement chez une personne alcoolique. Le suicide constitue la conséquence la plus grave d’une dépression. Par conséquent, aider la personne alcoolique s’avère donc vital, c’est pourquoi la prise en charge doit être prudente et immédiate.

Tout d’abord, il faut éviter de culpabiliser la personne dépressive, il vaut mieux adopter un dialogue qui la motive à se ressaisir. Ensuite, l’alcoolique dépressif doit être amené à comprendre que son combat n’a pas à être effectué seul, et qu’il y a des solutions, pour lui convaincre à commencer un traitement de l’alcoolisme.

De multiples raisons peuvent motiver un alcoolique à refuser l’aide pour s’en sortir, comme la peur de suivre un traitement lourd ou douloureux ou encore l’échec d’éventuelles autres solutions essayées auparavant.

Les familles hésitent souvent à forcer leur proche à suivre un traitement. Dans certains cas, il est nécessaire de forcer une personne à suivre une cure de désintoxication contre sa volonté. Cependant, des études indiquent que le traitement n’a pas besoin d’être volontaire pour être efficace.

Si l’un des membres de la famille est alcoolique et si sa consommation excessive d’alcool est à l’origine d’un état mental qui ne lui permet plus de consentir librement à une hospitalisation et qui nécessite des soins urgents à l’hôpital, demander son hospitalisation est possible en prenant en compte le code de la santé publique.

Dans ce cas, un membre de la famille peut adresser une lettre et deux certificats médicaux récents à la direction d’un établissement de santé, si l’état de la personne l’empêche de formuler un consentement ou que son état impose des soins immédiats. C’est l’hospitalisation à la demande d’un tiers.

L’internement peut aussi être réalisé à la demande de l’État, par arrêté préfectoral, ou municipal, si le malade porte atteinte à l’ordre public ou à la sûreté des personnes. Il s’agit de l’hospitalisation d’office, également conditionnée par le certificat médical d’un psychiatre.

Le traitement contre l’alcoolisme est un voyage de toute une vie. Il est important que la personne alcoolique reçoive un soutien continu et positif pour l’aider à sortir de cette dépendance. Grâce à cette solidarité, l’alcoolique peut se remettre de cette période difficile et mener une vie sobre.

Les FAQs